Oser plonger en soi pour découvrir sa pépite intérieure

Aurélie, 39 ans, célibataire et sans enfant, s’épuise à garder la tête hors de l’eau pour ne pas sombrer dans la routine de sa vie. Elle accumule les petits boulots, sans jamais trouver l’étincelle, et se sent totalement désarmée pour y remédier. Crise existentielle de la quarantaine approchante ou sortilège jeté dès le berceau, Aurélie doit regarder sa vie en face et se poser les vraies questions de ses déroutes récurrentes.

Routine, train-train quotidien et bis repetita

Aurélie jette un œil à l’horloge au-dessus du meuble bas de son bureau. « Bientôt 12h20… J’ai donné rendez-vous à Paul à midi et demi à la brasserie du quartier. J’ai tout juste le temps de terminer le classement de ces dossiers, de les descendre aux archives et de filer. » Aurélie étend ses bras vers le plafond et pousse un soupir d’exaspération. Cela fait à peine trois semaines qu’elle occupe ce poste d’assistante dans cette petite entreprise de logistique et elle a déjà envie de prendre la poudre d’escampette. Un sentiment qu’elle connaît par cœur et un schéma qui se répète à chaque fois.

Depuis qu’elle a fini ses études universitaires, elle va de missions d’intérim en petits boulots sans jamais décrocher le job idéal. « Mauvais karma, pense-t-elle, de toutes façons, quoi que je fasse, ça foire. Je ne sais ni retenir un mec, ni garder un boulot. Visiblement, je ne suis pas douée pour le bonheur. Et il vaudrait mieux que je m’y fasse car je n’ai enregistré aucune fée Clochette dans la liste de mes contacts récemment. »

Elle attrape sa veste et son sac à main, adresse un signe de tête à ses deux collègues en guise de salut et s’éclipse vers la sortie. Des nuages gris assombrissent le ciel. Quelques gouttes de pluie rafraichissent déjà l’air d’un automne précoce. Aurélie s’engouffre, tête baissée, dans le flux des badauds en direction de la brasserie. Un trio de passants, accaparé par sa conversation, manque de la percuter. Elle se sent perdue, un peu paumée, avec l’impression d’être transparente aux yeux du monde. Une légère migraine trouble sa vue. Aurélie se plaint régulièrement de maux de tête…

Douloureux diagnostic

Encore quelques mètres et la voici devant la terrasse de la brasserie. Paul, son ami, lui fait signe depuis l’intérieur. Arrivée à sa hauteur, Aurélie lui ébouriffe la chevelure en l’embrassant sur une joue. « Quelle mine atroce, tu as ma chère ! Lui fait-il remarquer, aurais-tu raté le couvre-feu hier soir ? » « Ah, très drôle, j’adore ton humour Paul, lui réplique-t-elle, mais je ne suis pas certaine de pouvoir l’apprécier à sa juste valeur aujourd’hui. » Soudain, elle grimace en se frictionnant les tempes du bout des doigts. « Je crois bien faire l’objet d’une nouvelle migraine ophtalmique… Oui, je sais, tu vas encore me dire que c’est la conséquence clinique de ma capacité à faire l’autruche. » Paul presse l’avant-bras de son amie et lui confie s’inquiéter sincèrement pour elle. Prévenant, il l’interroge sur son nouveau travail.

« Je ne sais plus quoi faire, Paul, lui avoue-t-elle, ça fait trois semaines que j’ai mis les pieds dans cette boîte et franchement, ce n’est pas l’extase. C’est même de pire en pire. Je me lasse à une rapidité déconcertante ; rien ne m’intéresse, tout m’ennuie profondément. Si je n’avais pas mon loyer à payer tous les mois, il y a longtemps que j’aurais pris le large, à élever des chèvres dans le Larzac ou à parcourir le monde à dos de mulet. J’en ai ras-le-bol, je tourne en rond. A ce rythme, je suis bonne pour l’asile ! »

Face à son désarroi, Paul constate que sa confidente est en pleine crise existentielle. Aurélie est une incorrigible girouette qui a toujours su dissimuler ses angoisses derrière un réel sens de la dérision et une gouaille sans pareille. Mais il ne s’est jamais rendu compte à quel point cela cachait une grande fragilité, un vrai mal-être. A courir toujours après des chimères, on se perd soi-même…

« Aurélie, pardonne-moi cette question directe, mais sais-tu vraiment ce que tu aimerais faire ? T’es-tu demandé ce qui te faisait vibrer au plus profond de toi ? Je crois que ça vaudrait la peine que tu te poses la question une bonne fois pour toutes. Tu sais, il n’est jamais trop tard pour s’interroger sur le sens que l’on veut donner à sa vie. Des tas de gens le font et, si tu veux mon avis, des tas de gens devraient se pencher sur leur cas ! Blague à part, Aurélie, comment envisages-tu de passer les prochaines décennies ? »

Vers une sortie de secours

Aïe ! Touchée, coulée ! C’est justement le problème. « Paul, si j’en avais la moindre idée, je n’en serai pas là à pleurnicher sur cette banquette en skaï sur mes états de service d’experte sans spécialité. Je ne sais rien faire, j’ai atteint depuis longtemps le podium de la nullité et je t’assure qu’on ne va pas me remettre de médaille pour ça ! » Une boule se glisse au fond de sa gorge. Elle réprime un sanglot. « Même choisir des études pour exercer un métier m’a plongé dans un stress énorme, souviens-toi ! Je suis foutue, Paul, condamnée à vivre une existence insignifiante, seule devant ma télé. Le seul truc qui m’empêche de sombrer totalement, c’est de pouvoir faire la fanfaronne dans les soirées déguisées en arrivant avec le costume le plus surréaliste. » Paul sourit. « Eh, je crois qu’on tient quelque-chose… » Aurélie fronce les sourcils et interroge son ami du regard. « Oui, ma chère, tu es la personne la plus hilarante que je connaisse, dotée d’une repartie diabolique et d’un verbe bien aiguisé. Un vrai talent ! »

Aurélie secoue la tête, l’air amusé. « Merci de m’encourager. » Aurélie, qui a à peine touché à son déjeuner, s’effondre à présent lorsqu’elle réalise qu’elle doit retourner au bureau. Un sentiment mêlé de honte et d’abattement la ronge. « Je ne peux pas me permettre de changer de boulot comme de chemise, Paul, mais l’idée de végéter toute ma vie comme ça m’est devenue insupportable. » « Je comprends, Aurélie, et tu possèdes encore la liberté de choisir comment tu veux vivre les belles années qui t’attendent. J’ai croisé récemment un coach en développement personnel. Nous avons beaucoup échangé sur les méthodes qu’il utilise pour accompagner ses clients sur la voie du bonheur. Tu peux d’ores et déjà te connecter à son blog nouveausouffle.biz et l’appeler dans la foulée. Il aura certainement une réponse adéquate à ton errance professionnelle. Si cela peut t’aider, tu n’as qu’à te persuader que ton job actuel est le moyen qui va te permettre de financer ton chemin vers la découverte de tes nombreux talents. »

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